
La marche du vent
Lac-Mégantic, CA
Chouette à voir!, St-Jude, CA

Un sentier forestier immersif révèle la symphonie secrète des oiseaux, invitant à de nouvelles connexions inter espèces grâce à l’écoute active.
Situés le long de la passerelle forestière d’un sanctuaire pour oiseaux de proie, dix perchoirs interactifs à taille humaine composent une narration sonore inspirée des habitants de la forêt, invitant les visiteurs à se reconnecter à leur environnement naturel.
Les résidents ailés du sanctuaire se font souvent discrets en présence des humains. Les Perchoirs pour humains révèlent ce que nous ne pourrions autrement entendre. Le geste de se percher exige une pleine conscience du corps et de son environnement. Dans ce moment de présence et de suspension, une nouvelle forme d’écoute active s’installe.
Créé en collaboration avec la compositrice de musique contemporaine Keiko Devaux, le sentier déploie un paysage sonore évolutif et superposé qui révèle les dynamiques et interactions de l’écosystème environnant. Lorsqu’un perchoir est activé, le chant d’un oiseau local s’ajoute harmonieusement à une bande sonore saisonnière.

La trame sonore interactive se fond dans le paysage environnant et aiguise les sens. Une fois l’expérience terminée et les perchoirs retombés dans le silence, des visiteurs ont remarqué pouvoir entendre de nouvelles couches de sons naturels provenant de la forêt. S’étant installés dans une écoute active, des appels lointains, le bruissement des feuilles et les sons du sol forestier remontent soudainement à la surface, plus vifs et présents qu’auparavant.

En l’absence d’humains, l’œuvre demeure silencieuse.
Lorsque des visiteurs s’approchent, chaque perchoir diffuse une trame sonore abstraite inspirée de l’écosystème environnant.
Quand un visiteur s’y asseoit ou s’y hisse, un chant d’oiseau local se mêle à la composition. Le volume reste bas, dirigé vers l’oreille de la personne et audible uniquement à proximité immédiate du perchoir.

Perchoirs pour humains a été créé pour l’Union québécoise de réhabilitation des oiseaux de proie (UQROP) à Saint-Jude. Les connaissances des biologistes sur place concernant les espèces locales fragiles ont façonné le projet dès le départ. Tôt dans le processus créatif, un détecteur de chants d’oiseaux a été installé et régulièrement comparé aux observations de l’équipe du sanctuaire afin de mieux comprendre l’activité de l’avifaune locale. Des dizaines d’espèces ont été observées en début de matinée, alors que très peu demeurent une fois l’activité humaine reprise dans le secteur.
Nous comprenons également que diffuser des chants enregistrés à de jeunes oiseaux peut nuire à leur développement. Les chants d’oiseaux dans la trame sonore de l’œuvre ne peuvent être déclenchés que par la présence humaine, ou éventuellement par des animaux se déplaçant sur la passerelle. Les oiseaux sont plus susceptibles d’utiliser les perchoirs non interactifs situés en hauteur dans l’œuvre. La trame sonore, diffusée à faible volume à la hauteur des oreilles des participant·e·s, veille à ce que l’œuvre reste discrète pour les résidents non humains.

La compositrice primée aux Juno, Keiko Devaux, a collaboré avec Daily tous les jours pour développer une bande sonore interactive qui invite à la curiosité et au ralentissement.
Elle a conçu un dialogue évolutif entre deux couches sonores : une composition de base, et des pistes déclenchées par l’interaction, qui diffusent les chants d’oiseaux propres à chaque saison. Ces chants se mêlent à la composition de base, transformés en textures éthérées ou en éléments rythmiques. Le paysage sonore révèle ainsi de riches détails pour celles et ceux qui s’approchent ou s’installent pour écouter. Chaque perchoir reflète l’énergie de sa saison : pizzicati lumineux pour le printemps, pedal steel languide pour l’été, cordes graves pour l’automne, et flûtes aériennes pour l’hiver.

La simplicité formelle et matérielle des structures leur permet de se fondre plus harmonieusement dans le décor forestier, plaçant l’environnement naturel au cœur de l’expérience.
Des tubes d’aluminium de longueurs variées sont assemblés pour permettre aux visiteurs de se percher à différentes hauteurs. La couleur est utilisée pour mettre en valeur les perchoirs et distinguer les quatre trames sonores saisonnières. L’emplacement des ouvertures pour haut-parleurs sur les poteaux varie également en hauteur, invitant parfois les visiteurs à se baisser, à se tenir debout ou à s’étirer.
Les perchoirs au sommet des poteaux invitent les amis ailés à se joindre à l’expérience, ce qui est plus susceptible de se produire en l’absence de visiteurs.

L’aluminium anodisé a été choisi pour sa durabilité et sa recyclabilité, garantissant à l’œuvre une éventuelle seconde vie. La technologie y est intégrée de manière réfléchie et minimale, afin de maintenir un juste équilibre entre interactivité et impact environnemental.
La passerelle surélevée qui accueille l’œuvre est construite avec des matériaux récupérés du pont Champlain. Elle protège l’écosystème fragile qui attire les oiseaux, permettant aux visiteurs de traverser et d’observer tout en réduisant au minimum leur impact sur le site.

L’Union québécoise pour la réhabilitation des oiseaux de proie (UQROP), à Saint-Jude, reçoit chaque année plus de 400 oiseaux de proie, leur offrant un espace essentiel pour leur réhabilitation tout en sensibilisant le public aux enjeux écologiques. Dans le cadre de la construction de son centre d’interprétation, et avec le soutien du Ministère de la Culture et des Communications du Québec, l’UQROP a mandaté Daily tous les jours pour créer une nouvelle œuvre au cœur de sa forêt.
Située près de l’entrée du centre d’interprétation, l’œuvre crée un espace de transition entre les environnements naturel et éducatif.





